Entretien avec Marianne Poncelet, Auteur de ‘L’Enfant qui cherchait des étoiles’
Dans le cadre de la sortie de « L’Enfant qui cherchait des Etoiles » aux Editions Romaines dès le mois de septembre 2008, Marianne Poncelet a eu la gentillesse de répondre aux quelques questions que nous lui avons posées.
Marianne Poncelet, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Née au cœur de l’Ardenne, j’ai été sensibilisée dès le plus jeune âge aux beautés de la nature par mon grand-père, inspecteur général des Eaux et Forêts, qui entretenait avec les animaux et les plantes une relation spéciale et fusionnelle. Toute petite déjà, j’écrivais des textes avec plaisir et facilité. C’est pourquoi la philologie romane a été tout naturellement mon choix à l’Université. Ces études m’ont amenée à voyager en Europe du Sud, où j’ai appris l’espagnol, l’italien et le portugais. J’ai complété ma connaissance linguistique en approfondissant l’anglais, tout en découvrant de nouveaux continents au fil de mes voyages. Ce parcours m’a inspiré de nombreuses images et sensations qui se retrouvent dans mes contes et récits, et qui ont culminé avec mon travail à la Fondation Internationale Yehudi Menuhin. C’est en effet avec le grand violoniste et humaniste qu’était Yehudi Menuhin que j’ai concrétisé mon rêve de publier mes écrits, puisque « Les Enfants du Rêve », directement inspiré par lui, a été l’une de mes premières publications.
Quelles sont, selon vous, les qualités particulières que doivent receler un conte pour la jeunesse ?
Je ne suis pas une spécialiste du conte ni de l’oralité en tant que telle, même si leur lecture a nourri toute mon enfance. Quand j’écris, c’est une forme qui me vient naturellement. Personnellement, je pense qu’un conte doit être court, écrit dans un langage simple tout en transmettant une certaine poésie. Il doit suivre un canevas, une construction bien précise, et il doit enflammer notre imagination d’enfant. Le conte est une porte qui nous permet d’entrer dans un autre monde : celui de l’imagination, celui de l’infini des possibles.
Pensez-vous qu’un même conte puisse être compris par des enfants de cultures différentes ?
Oui, je pense qu’il y a dans les contes un caractère universel, des images, des personnages et des émotions qui se retrouvent dans diverses cultures, et qui interpellent tous les enfants.
Pensez-vous qu’une difficulté dans l’écriture du conte est précisément cet écart dans le merveilleux que l’auteur doit aborder ? Doit-on garder « une âme d’enfant » pour écrire des contes ?
Je dirais que oui. Il faut surtout capter les messages que la vie nous envoie, particulièrement la nature qui recèle tellement de symboles et de situations inspirantes. Il faut être à l’écoute de notre sensibilité, de notre imagination, et trouver les mots, le style qui traduit cela au mieux. Ecrire, c’est souvent un vrai travail d’orfèvre. Il faut sans cesse chercher le mot juste, le rythme juste, l’architecture juste.
De quel œil regardez-vous les contes classiques pour les enfants ? Vous semblent-ils toujours actuels ?
Aujourd’hui, il existe une foison de contes pour enfants, de tous styles et de toutes cultures, et souvent très bien illustrés. La littérature pour enfants s’est très développée et constitue aujourd’hui un genre à part entière.
Certains thèmes sont récurrents dans vos œuvres. On retrouve par exemple la notion centrale du « voyage », qui entraîne un enfant dans un monde inconnu où il découvre son univers par lui-même. Pensez-vous par conséquent que l’enfant doive prendre une distance par rapport à son milieu de vie ?
C’est mon expérience personnelle en tout cas. Enfant, le voyage m’a toujours beaucoup attirée, j’y voyais une manière de découvrir le monde et de grandir, de traverser de multiples expériences sources de richesse et de savoir. Ce goût du voyage m’est d’ailleurs resté. Mes contes développent souvent la notion de « voyage initiatique » : par le voyage et par les rencontres qu’il fait, le personnage central évolue et grandit spirituellement.
Egalement dans vos œuvres, revient le thème de l’enfant qui sauve le monde d’une partie de ses travers. Voyez-vous souvent cet idéal pétiller chez les plus jeunes ?
Les enfants sont libres car encore non « rigidifiés » ou non « formatés » par une éducation quelquefois assez restrictive. Et donc parce qu’ils sont encore libres, ils peuvent changer le monde. Le défi est de grandir, de devenir adulte en gardant cette liberté intérieure et cette part de rêve en nous.
Plus généralement, quel regard portez-vous sur l’enfance ? Sont-ils toujours autant en appel de merveilleux ?
Les enfants sont curieux d’apprendre, ouverts sur le monde et particulièrement sur ses dernières métamorphoses : la technologie avancée dans tous les domaines. Pourtant, le merveilleux est sans âge, et souvent les enfants sont interpellés par l’inexplicable, l’étrange, la magie. Par ailleurs, une grande littérature se développe pour les enfants et les adolescents, qui fait souvent appel au merveilleux transposé dans de nombreuses sagas.
Comment choisissez-vous le caractère de vos personnages ? Revivez-vous des scènes de votre imaginaire dans l’écriture ?
Le caractère des personnages me vient assez naturellement. Je n’y réfléchis en général pas à l’avance, c’est l’intrigue qui me guide au fur et à mesure, de même que le thème général de chaque livre. C’est souvent une métaphore de départ qui déclenche ma créativité. A partir de là, je me laisse guider par mon intuition, chapitre après chapitre. Je ne sais jamais à l’avance comment va se terminer l’histoire.
Est-ce que la maternité vous a encouragée dans l’écriture de contes ?
Oui et non, en fait. La maternité m’a fait grandir et mûrir, mais m’a aussi beaucoup occupée, du moins les premiers temps. J’ai donc dû mettre en veilleuse mon écriture. Maintenant je la redécouvre car ma petite fille adore lire ce que j’écris. Elle emporte souvent mes livres à l’école et est très fière de dire à ses copines que sa maman est écrivain. Donc j’ai maintenant une lectrice exigeante à domicile, qu’il faudra satisfaire en écrivant toujours plus !
