Pr. Gottfried Vogerau – Entretien (fr-de) Den eigenen Geist kennen – Selbstwissen, privilegierter Zugang und Autorität der ersten Person

Gottfried VogerauPourquoi avez-vous choisi de réaliser des études en philosophie ?

Warum haben Sie sich entschlossen, Philosophie zu studieren ?

Pour l’intérêt. Avant tout, j’ai été fasciné par la discussion critiquant les fondements de notre connaissance et de notre compréhension du monde et de nous-mêmes. Cet intérêt n’a pas disparu jusqu’à aujourd’hui, mais en plus je crois que la philosophie joue un rôle important dans le « concert des sciences », auquel je veux contribuer.

Aus Interesse. Mich hat vor allem fasziniert, die Grundlagen unserer Erkenntnis und unseres Verständnisses der Welt und unserer selbst kritisch zu hinterfragen. Dieses Interesse habe ich bis heute nicht verloren, aber zusätzlich glaube ich, dass die Philosophie eine wichtige Rolle spielt in dem „Konzert der Wissenschaften“, so dass ich durch meine Arbeit einen Teil dazu beitragen kann.

Quel est selon vous la vocation ultime de la philosophie ? Peut-elle prétendre créer un système d’explication du monde comme le fit Hegel au début du dix-neuvième siècle ?

Was ist ihrer Meinung nach die grundlegendste Aufgabe der Philosophie? Kann sie danach streben ein Erklärungssystem der Welt zu erstellen, so wie Hegel Anfang des neunzehnten Jahrhunderts ?

L’objectif de la philosophie est la compréhension profonde du monde et de nous-mêmes. Pourtant, la philosophie ne peut pas être caractérisée par un sujet de recherche particulier – la majorité des sujets philosophiques sont aussi des sujets dans d’autres disciplines –. En effet, la philosophie approche ces sujets d’une façon non-empirique : c’est la différence entre la philosophie et la majorité des autres disciplines. Quand même, on ne peut pas dériver un rôle extraordinaire pour la philosophie : le fait que nous n’utilisons pas des méthodes empiriques n’implique pas que notre connaissance soit absolue de l’empirisme (et pour ça elle est meilleure ou plus vraie d’une manière ou d’une autre). C’est la raison pour laquelle une explication amplective et détaillée n’est pas quelque chose que la philosophie peut gagner seule. Si quelque chose comme ça est possible du tout, c’est totalement grâce à une collaboration de toutes les disciplines.

Das Ziel der Philosophie ist es, ein grundlegendes Verständnis der Welt und unserer selbst zu erlangen. Dabei lässt sich die Philosophie allerdings nicht durch einen bestimmten Forschungsgegenstand bestimmen – die meisten Themen der Philosophie sind auch Themen anderer Disziplinen. Die Philosophie nähert sich diesen Themen allerdings auf eine nicht-empirische Art und Weise, was sie von den meisten anderen Disziplinen unterscheidet. Allerdings lässt sich daraus keine Sonderstellung der Philosophie ableiten: die Tatsache, dass wir keine empirischen Methoden benutzen bedeutet nicht, dass unsere Erkenntnisse unabhängig von Empirie sind (und daher irgendwie besser oder wahrer). Daher ist eine umfassende und vollständige Erklärung der Welt nichts, was die Philosophie alleine leisten kann. Wenn so etwas überhaupt möglich ist, dann nur durch die Zusammenarbeit aller verschiedenen Disziplinen.

Quels sont vos philosophes favoris, vos maîtres à penser si vous en avez ?

Welche Philosophen bevorzugen Sie? Wer sind Ihre Meister des Denkens ?

Il n’y a pas qu’un seul philosophe que je voudrais désigner dans le sens où je suis un grand adepte de leur philosophie. J’apprécie spécialement des textes compréhensibles qui développent un problème clairement et qui argumentent bien et clairement. Heureusement, il y a beaucoup des philosophes que j’estime dans ce sens.

Es gibt keine einzelnen Philosophen, die ich als meine Vorbilder bezeichnen würde in dem Sinne, dass ich großer Anhänger ihrer Philosophie wäre. Was ich besonders schätze sind verständliche Texte, die ein Problem klar darstellen und gezielt und klar argumentieren. Zum Glück gibt es viele Philosophen die ich in diesem Sinne sehr schätze.

Y a-t-il pour vous une dimension transcendantale que la philosophie puisse approcher ?

Gibt es Ihrer Meinung nach eine transzendentale Dimension, der sich die Philosophie annähern könnte ?

Bien sûr, pas mal de philosophies sont localisées dans une « dimension transcendantale » dans le sens où l’on transcende les faits empiriques vers les conditions de possible de ces faits. Mais aussi, le mot « transcendantal » est souvent utilisé pour dire « spéculatif ». Je ne sais pas pourquoi une dimension spéculative devrait incorporer la discipline académique philosophique.

Ein großer Teil der Philosophie bewegt sich natürlich in einer „transzendentalen Dimension“ in dem Sinn, dass über die empirisch erfassbaren Tatsachen hinausgegangen wird hin zu den Bedingungen der Möglichkeit dieser Tatsachen überhaupt. Oft wird aber das Wort „transzendental“ verwendet in dem Sinne von „spekulativ“. Ich wüsste nicht, warum eine solche spekulative Dimension in der akademischen Disziplin Philosophie einen Platz haben sollte.

Pourquoi votre intérêt sur la philosophie de l’esprit et du langage ?

Woher kommt Ihr Interesse an der Philosophie des Geistes und der Sprachphilosophie ?

Nous vivons dans un temps où les nouvelles méthodes empiriques pour l’investigation de l’esprit offrent des possibilités énormes. Je pense que c’est très captivant et aussi très important de participer au grand projet scientifique de l’investigation de l’esprit du côté philosophique. L’intérêt pour la philosophie du langage découle du fait que la capacité de parler (et pour ça peut-être aussi le langage) est une part important de l’esprit humaine.

Wir leben in einer Zeit in der die empirischen Methoden, den Geist zu untersuchen, plötzlich enorme Möglichkeiten bieten. Ich halte es für sehr spannend und auch äußerst wichtig, von philosophischer Seite an dem großen wissenschaftlichen Projekt, den Geist zu erforschen, teilzunehmen. Das Interesse für die Sprachphilosophie ergibt sich daraus, dass die Sprachfähigkeit (und damit vielleicht auch die Sprache) einen wichtigen Teil des menschlichen Geistes ausmacht.

Pouvez-vous nous expliquer brièvement votre point de vue au sujet du courant positiviste logique qui a caractérisé la fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième siècle ?

Könnten Sie uns kurz Ihre Sichtweise auf die Strömung des logischen Positivismus, die das Ende des neunzehnten Jahrhunderts und den Anfang des zwanzigsten Jahrhunderts geprägt haben, erläutern ?

La raison de l’échec du positivisme logique est probablement la réduction de la fonction du langage sur le décèlement des faits. La relation entre le langage et le monde est beaucoup plus complexe que l’homomorphisme que les positivistes logiques ont supposé. Donc, l’analyse du langage ne peut pas dire beaucoup de chose sur le monde.

Der Grund für das Scheitern des logischen Positivismus liegt wohl vor allem in der Reduktion der Funktion der Sprache auf Tatsachenfeststellungen. Das Verhältnis von Sprache und Welt ist viel komplexer als die von den logischen Positivisten angenommene Strukturgleichheit. Sprachanalyse alleine kann uns daher nicht viel über die Welt sagen.

Comment concevez-vous l’approche du langage par le courant structuraliste des années septante ?

Wie schätzen Sie die Herangehensweise an die Sprache ein, die von der strukturalistischen Strömung der siebziger Jahre verfolgt wurde ?

En premier lieu, je trouve plausible la conception qui veut que le langage doit être dépeint comme un système. Le problème principal est – selon moi – la confusion des relations structurelles et de la fonction (ou signification) : les catégories grammaticales ont leurs fonctions ou même leurs significations qui déterminent aussi la signification de la phrase entière essentiellement. Une description purement structurelle du langage ne peut pas raisonnablement prendre ce fait en compte. Un autre problème est qu’une analyse structurelle d’une langue n’est pas possible indépendamment de la signification des phrases analysées. Beaucoup de structuralistes ont donc tendance à « imposer » la structure de ses langues aux langues inconnues et, pour ça, de faire une « analyse de sourds ».

Zunächst finde ich es plausibel, die Sprache als ein System aufzufassen und zu beschreiben. Das Hauptproblem des Strukturalismus liegt meines Erachtens in der Verwechselung von strukturellen Relationen und Funktion (oder Bedeutung): Grammatische Kategorien haben eine Funktion oder sogar Bedeutung, die die Bedeutung des gesamten Satzes wesentlich mitbestimmt. Eine rein strukturelle Beschreibung von Sprache kann diesem Faktum allerdings nicht gerecht werden. Ein weiteres Problem ist, dass eine strukturelle Analyse einer Sprache nicht unabhängig von der Bedeutung der analysierten Sätze durchgeführt werden kann. Viele Strukturalisten neigen daher dazu, fremden Sprachen die Struktur der eigenen Sprache „aufzuzwingen“ und so an der fremden Sprache „vorbei“ zu analysieren.

Avons-nous pour vocation, nous qui sommes êtres de langage, d’être condamnés à confondre le monde avec le jeu de nos signifiants ?

Haben wir, als sprachliche Wesen, die Bestimmung, zu einer Verwechselung der Welt mit dem Spiel unserer Zeichen verdammt zu sein ?

Mais non! Le langage est un moyen pour faciliter et coordonner notre interaction entre nous et notre interaction conjointe avec le monde. L’interaction avec le monde donc est le fondement ultime pour la signification du langage. C’est probablement ce que Wittgenstein voulait dire quand il a dit que la signification d’un mot est déterminée par son usage. C’est pour ça que le langage ne peut jamais remplacer le monde.

Auf keinen Fall! Die Sprache ist ein Mittel um unsere Interaktion miteinander und unsere gemeinsame Interaktion mit der Welt zu erleichtern und zu koordinieren. Die Interaktion mit der Welt ist also letztendlich die Grundlage für die Bedeutung der Sprache. Das meinte Wittgenstein wohl, als er sagte, die Bedeutung eines Wortes werde durch seinen Gebrauch bestimmt. Aus diesem Grund kann die Sprache niemals die Welt ersetzen.

Merleau-Ponty, dans son approche phénoménologique de la perception, situe le principe de réalité dans l’interface entre le sujet et l’objet. Qu’en est-il du langage ?

Merleau-Ponty stellte in seinem phänomenologischen Ansatz der Wahrnehmung das Prinzip der Realität als Schnittstelle zwischen das Subjekt und das Objekt. Was ist mit der Sprache ?

En premier lieu, le langage est l’interface entre nous, hommes : il nous permet de nous informer mutuellement de nos opinions, sentiments, désirs, etc. (de nos états mentaux). Parce que les états mentaux souvent ont beaucoup affaire avec le monde, le langage peut avoir l’air d’agir élémentairement du monde. Cette dépendance du monde n’est que véhiculée. Mais le langage influence aussi nos états mentaux. De cette façon, le langage, en fait, cogère notre manière de voir le monde (ou, dans les mots de Merleau-Ponty : le langage peut changer notre « réalité »).

Die Sprache ist zunächst die Schnittstelle zwischen uns Menschen: Sie ermöglicht es uns, uns gegenseitig über unsere Meinungen, Gefühle, Wünsche, etc. (unsere geistigen Zustände) zu unterrichten. Da die geistigen Zustände oft sehr viel mit der Welt zu tun haben, kann die Sprache den Anschein haben, als würde sie primär von der Welt handeln. Diese Weltbezogenheit ist aber nur eine vermittelte. Allerdings hat die Sprache auch einen Einfluss auf unsere geistigen Zustände. Auf diese Art und Weise kann sie tatsächlich unsere Art, die Welt zu sehen, mitbestimmen (oder, in Merleau-Pontys Worten: die „Realität“ verändern).

Pensez-vous que la philosophie de l’esprit devienne obsolète avec les sciences empiriques de l’esprit comme la neurologie et les neurosciences cognitives ?

Denken Sie dass die Philosophie des Geistes überflüssig wird durch die empirischen Wissenschaften, die sich mit dem Geist beschäftigen, wie z.B. die Neurologie und die kognitive Neurowissenschaft ?

Non. L’investigation empirique des phénomènes est seulement possible si nous savons ce que les phénomènes sont (comme nous pouvons les faire mesurables). La question de la nature des phénomènes est, et sera, une question bien philosophique. Par exemple, le concept de libre arbitre n’est pas clair du tout. Dans de telles conditions, l’investigation empirique du libre arbitre est simplement impossible. Mais, ça ne veut pas dire que les sciences empiriques n’ont rien à apporter à la clarification du concept. Elles peuvent découvrir des phénomènes nouveaux qui restreignent et avancent la clarification philosophique. Pour ça, une seule approche ne rend jamais l’autre superflue. Plutôt les deux disciplines doivent apprendre à approcher les problèmes ensemble et avec un échange mutuel.

Nein. Wir können empirisch nur Phänomene untersuchen, von denen wir wissen, was sie sind (wie wir sie messbar machen können). Die Frage nach dem Wesen der Phänomene ist und bleibt aber eine philosophische Frage. Zum Beispiel ist der Begriff des freien Willens alles andere als klar und sehr umstritten. Es ist unter diesen Bedingungen schlicht unmöglich, den freien Willen empirisch zu untersuchen. Das bedeutet allerdings nicht, dass die empirischen Wissenschaften nichts zur Begriffsklärung beizutragen haben. Sie können neue Phänomene entdecken, die die philosophische Begriffsklärung einschränken und voranbringen können. Es wird daher niemals so sein, dass eine der beiden Herangehensweisen die andere überflüssig machen wird. Vielmehr müssen beide Disziplinen lernen, die Probleme miteinander und im gegenseitigen Austausch anzugehen.

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